Ecrit par : Bernard Béguin le 10/12/2015 - Lu : 669 fois - Commentaire : Aucun
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Ça se corse pour les auto-entrepreneurs !

La loi Pinel fait grincer des dents les auto-entrepreneurs. On les comprend ! A sa création, le statut avait séduit les français par la simplicité de sa mise en œuvre et par des frais réduits, même si la couverture sociale n’était pas vraiment au rendez-vous. Aujourd’hui, point de couverture sociale améliorée. Pire, un choc de la complexification qui fait reculer les nouveaux candidats : - 4,3% en septembre 2015 par rapport à septembre 2014.

Vous avez dit facilité d’entreprendre ?

Si le statut d’auto-entrepreneur permettait de lancer son activité solo facilement à sa création, ce n’est plus autant le cas aujourd’hui. Les différents aménagements réglementaires et la loi Pinel du 18 juin 2014 viennent corser les choses avec de mauvaises surprises à la clé. En quelques années, les taxes se sont alourdies avec la cotisation foncière des entreprises, la contribution à la formation professionnelle et les frais dus aux Chambres de commerce ou de des métiers.

Une nouveauté pour les commerçants et les artisans : l’obligation de s’immatriculer

Bien que les auto-entrepreneurs en libéral soient épargnés par la mesure, les autres auto-entrepreneurs ont jusqu’au 19 décembre pour s’immatriculer auprès de la Chambre dont ils dépendent. Pour Sylvie D. dont le compagnon est auto-entrepreneur, c’est la douche froide « Tout d’abord, nous ne l’avons pas appris par un courrier officiel mais par hasard car je me renseigne régulièrement sur l’évolution des différents statuts liés aux activités professionnelles. Nous avons du réagir immédiatement et avons aussi prévenu tous nos amis sous le même statut.

En quelques jours, nous avons du préparer un dossier avec bon nombre de pièces justificatives ! Autre surprise de taille, l’obligation de faire un stage de créateur d’entreprise… 5 jours à bloquer dans l’emploi du temps et bien sûr des charges en plus, puisque le stage coûte 230 €. La Chambre des Métiers, submergée par les demandes nous a rétorqué que le délai d’attente est de minimum 5 semaines, sans possibilité de réserver un créneau. Du coup, c’est à mon compagnon de s’adapter et tant pis si il perd une semaine de chiffre d’affaires ! Je ne comprends pas pourquoi seules ces Chambres sont habilitées à faire ces stages alors qu’il existe d’autres structures qui proposent des formations équivalentes comme la Maison Economie Développement. »

Passage au statut de micro-entrepreneur en 2016 : l’inconnue…

Gestion administrative d'activité

Pour Sylvie D., ce changement de régime qui a été présenté comme une simplification est source d’inquiétude. « D’abord, pour le moment on ne sait pas vraiment comment ce changement va se faire. Aucun élément précis n’est disponible. Ce que je crains, c’est que cela soit encore un frein à la liberté d’entreprendre. Je m’attends forcément à de nouvelles contributions fiscales ou des limitations qui vont alourdir les charges trimestrielles. Je ne comprends pas que l’on bloque les initiatives des gens qui ont le courage de créer leur propre emploi en rendant le parcours de plus en plus compliqué. Qu’on laisse les gens travailler, se débrouiller et qu’on s’occupe plutôt d’encadrer correctement la protection sociale et la retraite des auto-entrepreneurs. Quand on voit les bases de remboursement en cas de maladie, c’est vraiment inconcevable. L’Etat veut limiter, contrôler, réguler ? OK mais à ce compte là, l’Etat trouve un emploi aux entrepreneurs en contre partie ! Sauf que ce n’est pas possible parce que des emplois salariés, il y en a de moins en moins…. »

Quel autre statut choisir pour se lancer en solo ?

Le manque de lisibilité actuel est d’ores et déjà un frein puisque le nombre de nouveaux auto-entrepreneurs est en baisse par rapport à septembre 2014. Pour Sylvie D. « C’est comme si on poussait les gens à utiliser cestatut comme une solution provisoire, le temps de monter son projet et de le tester. Et pourquoi, ce choix devrait-il être provisoire ? Si le statut offre une vraie protection sociale, pourquoi faudrait-il forcément basculer vers les galères de l’entreprise de type SAS, SARL ou autre ? Qu’on laisse les gens choisir leur avenir professionnel. Mon compagnon n’a pas envie de se retrouver à payer des charges pour des salariés, à avoir un expert comptable. Il veut vivre de son métier tout simplement, comme il le fait depuis deux ans. »

Pour les professions intellectuelles, d’ autres formes d’activité adaptées existent. Le portage salarial en est une. L’intérêt du statut est triple : les prestataires de service en portage salarial ne sont pas soumis à un seuil de chiffre d’affaires. Comme les auto-entrepreneurs, ils ne payent des charges sociales et patronales que s’ils ont réalisé des missions. Par contre, le statut offre une vraie protection sociale calquée sur le régime du salariat : retraite, retraite complémentaire, assurance maladie, droit au chômage.

Certes les contributions sont plus élevées mais avec une sécurité à la clé qui fait la différence en cas de problèmes de santé par exemple.

Chez MISSIONS-CADRES, certains prestataires cumulent les deux statuts. Auto-entrepreneurs une partie de l’année, ils basculent vers le portage salarial soit quand leur seuil de CA est atteint, soit pour bénéficier d’une couverture plus sécurisée.

Si vous êtes auto-entrepreneur dans les professions intellectuelles et que vous voulez en savoir plus sur le portage salarial, contactez-nous au 04 50 36 70 97.

Illustrations : © Albachiaraa, kotoyamagami - Fotolia

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