Ecrit par : Bernard Béguin le 12/05/2012 - Lu : 1 626 fois - Commentaires : 2
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Exercer le métier de correctrice en portage salarial

Indissociable de toute forme d’écriture, le métier de correcteur est souvent exercé de manière indépendante. Florence Augustine a choisi le régime du portage salarial particulièrement adapté à cette activité intellectuelle dont elle nous livre les secrets. Témoignage d’une portée passionnée, pro de la correction.

En quoi consiste le métier de correcteur ?

C’est veiller à une bonne orthographe, indissociable de la grammaire et de la syntaxe. Une correctrice signale les répétitions, propose la bonne formulation (faire des suggestions, le client étant toujours le décideur final). Elle fait attention à la cohérence de la mise en page, à l’uniformité dans tout le texte des mêmes normes ortho et typographiques choisies au départ. Elle vérifie la bonne correspondance des chapitres, pages, titres, les informations de la bibliographie, elle établit l’application des styles, et gére les index et sommaires…

Une correctrice doit se référer sans cesse à des ouvrages en vigueur, obéir à un code typographique qui régit l’écrit depuis l’emploi de l’italique jusqu’à celui des abréviations, en passant par les capitales, les espaces… Souvent il est nécessaire de Vérifier même ce que l’on croit savoir ! Ce métier nécessite une bonne culture générale, et de bonnes notions dans beaucoup de domaines.

Les difficultés de la langue française

Les pièges sont nombreux dans la langue et la grammaire françaises. Les difficultés de la langue ne se bornent pas à l’emploi de mots nouveaux ou pris dans un faux-sens, il y a des problèmes pour l’orthographe, la conjugaison, la syntaxe. L’orthographe est hérissée de difficultés et parsemée d’incohérences. La conjugaison nous offre maints embarras ; le genre des mots est souvent douteux.

Les difficultés à traiter portent sur les matières les plus diverses :

  • orthographe - fautes courantes, noms composés (traits d’union, pluriels), accentuation, pluriel des noms étrangers…
  • genre et nombre - difficultés de genre et de nombre (poignée de main, lettre de remerciements ou remerciement) ;
  • grammaire - emploi des prépositions, accords des adjectifs de couleur, des participes, concordance des temps ;
  • ponctuation (emploi des guillemets, tréma) ;
  • barbarismes et solécismes les plus fréquents (il a demandé après vous, il vous a demandé ; comme si rien n’était, comme si de rien n’était) ;
  • synonymes - fautes de synonymie courantes : aquatique-marin, illettré-analphabète…
  • paronymes (signaler et signaliser, acceptation et acception) ;
  • pléonasmes (comparer entre eux, descendre en bas, marcher à pied, répéter de nouveau) ;
  • emploi des majuscules, néologismes…

La correction : une double lecture, une vigilance permanente

Le travail de correction consiste en une double lecture : une « par l’esprit » qui doit se doubler en permanence d’une lecture « par le regard » pour détecter les coquilles telles que les éléments sautés, rajoutés, intervertis et cela au triple niveau du mot, de la phrase et du texte.

Dans certains cas, la correction proprement dite peut être complétée par du travail de réécriture, il s’agit alors de modifier le texte, le couper, le compléter.

L’outil informatique, un appui mais nullement un substitut au métier

La présence des moyens informatiques et des nouvelles technologies dispense parfois d’utiliser le bon vieux stylo rouge pour apposer les signes de préparation et de correction en vigueur sur la version papier des écrits à corriger, en y effectuant directement les corrections, en les faisant ressortir par une couleur de police, en installant la fonction « Suivi des modifications » dans Word ou encore en insérant des notes dans des fichiers PDF révisables pour signaler la correction à effectuer.

« Cela requiert de la rigueur, une méthode, ne pas rechigner sur une lecture supplémentaire, et surtout s’attendre à et savoir travailler dans l’urgence qui devient monnaie courante dans l’édition, la communication, ce qui promet de belles soirées ou week-ends ! », rappelle Florence.

Le correcteur, un personnage essentiel de la chaîne graphique et de la production d’écrits

Le constat est indéniable sur des textes corrigés par des non-initiés à l’aide du correcteur orthographique de Word ou encore de ProLexis, certes un des meilleurs moteurs de correction. Un outil à utiliser avec prudence et discernement et seul un professionnel de la correction peut le faire.

« Jamais ProLexis ni aucun autre logiciel ne vous fera remarquer que Louis XIV a été mis à la place de Louis XV quand le contexte historique demandait le dernier », conclut-elle.

Pour pratiquer ce métier, cela exigerait-il d’être un mouton à cinq pattes, ou ni plus ni moins d’être névrosé ?

Contact Florence Augustine :
www.aubonheurdesmots.com
leblogaubonheurdesmots.typepad.com

2 commentaires :

Il est évident que le métier de rédacteur n’est pas de tout repos. La complexité de la langue française, qui en fait tout son charme, demande une bonne connaissance grammaticale et orthographique.

Ecrit par Sandrine du site http://www.aubonmot.fr/
Le 25/05/2012 à 10h33

Merci pour cet article très complet qui décrit bien notre beau métier. Rigueur, concentration et souci du détail sont notre programme quotidiennement, ainsi que l’amour du métier et le plaisir de jouer avec les mots.

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