Ecrit par : Bernard Béguin le 16/07/2015 - Lu : 1 319 fois - Commentaire : Aucun
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François Mare, consultant en digitalisation

Depuis le début des années 90, le digital a révolutionné la structure même des entreprises et des organisations. Des premiers sites internet, des premières campagnes e-mailing à la mise en place complexe des nouveaux business modèles, François Mare a accompagné certains des plus grands groupes européens dans ce changement de paradigme économique sans précédent.

Pionnier du net, le consultant porté par MISSIONS-CADRES depuis ses débuts revient sur les enjeux stratégiques de la digitalisation, son parcours et son expertise.

MC : Quel est l’impact de la digitalisation sur l’organisation d’une entreprise ?

François Mare : Le digital transforme la totalité de l’entreprise et oblige à une révision en profondeur de son modèle commercial et marketing, de son appareil de production, de ses procédés de travail. Le digital intervient sur la totalité de la chaîne des valeurs. Il a un impact sur l’organisation, la production, la stratégie, la logistique.

Prenons l’exemple de la Redoute : si l’enseigne a su prendre le virage digital sur la partie marketing et vente en ligne, elle a mis trop de temps à comprendre les impacts directs et la nécessité un changement en profondeur de l’appareil de production et de la logistique.

révoluton internet

Les clients internautes veulent de la nouveauté quasi quotidiennement. Alors pour répondre à cette nouvelle culture de l’achat, il a fallu accélérer le renouvellement des produits. Du coup, il a fallu repenser une partie des cycles de production vers des environnements plus proches et plus réactifs : le bassin méditerranéen plutôt que la Chine ou l’Inde. Cette proximité et cette réactivité coûtent plus cher, mais impactent une partie de l’offre : la plus attractive. C’est la globalité du calcul des coûts/marges qu’il faut appréhender.

L’introduction du digital est une révolution dans l’entreprise qui oblige à une réflexion de fond. En faire abstraction est une erreur payable dès le court terme. Ce sont moins les secteurs dans leur globalité qui sont en retard (à quelques exceptions près) que les acteurs qui les composent et qui regardent passer le train : celui de l’assurance, l’administratif, la santé, une grande partie de la distribution, la cosmétique, l’alimentaire, le luxe… D’autres, par contre, sont en pleine réinvention : la voiture qui passe d’une logique de possession à une logique d’usage, le marché du tourisme qui est en pleine bagarre pour reconstruire son business modèle pour ne citer que ceux-là.

MC : Votre carrière est indissociable de la révolution digitale… Quels ont été les temps forts de votre parcours ?

FM : Diplômé de l’Essec, titulaire d’une maîtrise en marketing et communication, j’ai démarré ma carrière chez BDDP.

J’ai pris le virage de la digitalisation dès les années 90, en créant la direction marketing développement d’International Master Publishing, un éditeur de vente par correspondance. J’ai commencé à y développer de nouveaux produits à partir des technologies digitales. Puis à la fin des années 90, j’ai lancé en France les premières campagnes d’e-mailing, les premiers sites internet.

Fort de cette expérience rare sur le marché à l’époque, j’entre chez e.mailvision pour prendre une direction conseil grands comptes. J’y développe les nouvelles tendances de business : création de bases de données e-mail, stratégie des données, personnalisation, drive to web, drive to store, ..).

Puis en 2002, je rejoins le corporate de Redcats PPR (Kering aujourd’hui) en tant que responsable études et marchés à la direction stratégie, marketing et développement.

Fin 2003, la société me propose la direction générale de la Redoute dans les pays nordiques. L’objectif était de réussir le virage internet et de créer la Redoute 2.0.

Cette période a été extrêmement riche. J’ai eu les mains libres pour investir dans le digital. Les projets se sont succédés avec le développement du site internet, des best practices. Je suis l’un des premiers à avoir travaillé les médias sociaux, fait appel à des blogueurs pour vendre la mode française dans le nord. L’effet notoriété et business a été immédiat.

Une fois ces Best practices identifiées, l’enjeu était de les promouvoir au sein même de l’ organisation, via des formations aux nouvelles technologies et du partage d’expérience. L’objectif était d’accélérer la prise de conscience et l’efficacité des équipes en digital.

En 2009, retour en France après m’être fait chasser par un cabinet pour intégrer le groupe Pierre & Vacances CenterParcs. Les enjeux ont été nombreux entre harmoniser la marque CenterParcs au niveau européen, monter l’ensemble du système d’informations clients du groupe, mettre en place les logiques de e.reputation …. Repositionner la marque Pierre & Vacances… A chaque fois, j’ai essayé d’intégrer les dernières innovations digitales.

MC : Pourquoi avec vous décidé de devenir consultant ?

FM : En 2013, changement de direction générale du Groupe… avec de nouvelles équipes à la place des anciennes. J’ai eu la chance d’être rapidement sollicité par la direction e-commerce du groupe Accor, pour réaliser une longue mission de consulting et de transition. Le périmètre était marketing et digital et international avec une ambition fabuleuse de faire partie des meilleurs. Aujourd’hui, je poursuis dans le consulting pour d’autres sociétés.

Le métier de consultant

Je continue ainsi à exercer mon cœur de métier : aider les entreprises et les organisations à intégrer la dimension digitale sur l’ensemble de la chaine de valeur : stratégie, business model, déclinaison marketing opérationnel, impact sur les systèmes production ou logistique, organisation de l’entreprise.

MC : Pourquoi avez-vous choisi le statut du portage salarial ?

FM : J’ai choisi tout de suite le portage salarial car le statut offre à la fois la souplesse et l’autonomie du consultant indépendant et les avantages du régime du salariat. Cela offre également une distance saine entre l’entreprise cliente qui contracte avec la société de portage, et le consultant. C’est aussi une façon simplifiée pour faire des missions à l’étranger. Enfin d’un point de vue plus pragmatique, la gestion de mes frais est plus avantageuses puisque déductibles.

MC : Comment envisagez-vous votre avenir professionnel ?

FM : Pour moi, le portage salarial est une solution qui me permet de garder une attractivité professionnelle sur le marché. Tant que les missions sont intéressantes, je continuerai à exercer en tant que consultant. Mon objectif reste toutefois de retrouver un poste ou pourquoi pas, de créer une start-up dans mon domaine de prédilection.

Pour contacter François Mare, rendez-vous sur sa page LinkedIn.

Illustrations : © Baillou, carlosseller, ronstik - Fotolia

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