Ecrit par : Sylvie Camilleri le 13/08/2015 - Lu : 1 645 fois - Commentaire : 1
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L’intelligence émotionnelle, facteur de réussite

Dans son nouveau guide commercial, Bernard Béguin, secrétaire général de MISSIONS-CADRES nous rappelle l’importance de l’Intelligence Emotionnelle au travail et invite le lecteur à redécouvrir l’ouvrage du psychologue Daniel Goleman, publié en 1998.

Le concept né dans les années 90 en lien avec les recherches en neurosciences n’a pas perdu une ride pour ceux qui s’interrogent sur les clés de la réussite professionnelle.

En quoi cette forme d’intelligence contribue-t-elle à faire face à un changement professionnel, à réussir son projet d’entreprise et ses négociations commerciales?

17 ans après sa publication, pourquoi inciter les futurs entrepreneurs portés à lire l’ouvrage de Goleman ?

Bernard Béguin : « Parce que l’intelligence émotionnelle est plus que jamais d’actualité dans le monde du travail ! Après une carrière de cadre supérieur et de dirigeant d’entreprise, j’ai pu évaluer ces dernières années les principales qualités de nos consultants, formateurs ou interprètes portés, tous doués d’une réelle expertise professionnelle. Mais à connaissance égale, qu’est ce qui finalement fait la différence entre ces entrepreneurs, ces candidats à une indépendance réussie et assumée ? Une forme d’agilité naturelle à utiliser les émotions, l’instinct au service de leur projet et en connexion avec les autres. »

L’intelligence émotionnelle, c’est quoi ?

L'intelligence émotionnelle

B.B. « Dans les années 90, Salovey et Mayer ont été les premiers à définir cette forme d’intelligence : « l’habileté à percevoir et à exprimer les émotions, à les intégrer pour faciliter la pensée, à comprendre et à raisonner avec les émotions, ainsi qu’à réguler les émotions chez soi et chez les autres ». Daniel Goleman s’en est inspiré pour écrire : « L’intelligence émotionnelle » et « l’Intelligence émotionnelle au travail » tomes 1 et 2.

Ses ouvrages très médiatisés à l’époque ont permis de sortir de l’analyse classique des compétences d’un individu, basée prioritairement sur le QI, ce qu’on appelle l’intelligence rationnelle. Tout manager savait que le succès d’un professionnel ne pouvait pas se mesurer uniquement à l’aune des facultés cognitives et de l’expertise technique. C’est d’autant plus vrai pour un entrepreneur. Il suffit d’étudier les succès story de ces leaders ou créateurs d’entreprise qui ont su transformer l’idée de génie en une entreprise florissante ! »

Les deux tomes consacrés à l’intelligence émotionnelle au travail donnent des réponses à des questions essentielles pour tout candidat à la reconversion professionnelle soumis au stress profond du changement, comme :

  • Comment utiliser la force de la motivation au service du changement ?
  • Comment optimiser et réguler ses émotions pour en faire des compétences ?
  • Comment créer un climat émotionnel propice à l’innovation ?
  • Quelle part jouent les émotions dans la relation avec le client ou le prospect ?
  • Pourquoi une conscience de soi approfondie permet-elle de rentrer en résonance avec les autres ?

« Je connais une femme de 45 ans qui est probablement un modèle dans le genre : Elle n’a aucun diplôme et elle a travaillé comme ouvrière pendant 20 ans dans la blanchisserie d’un hôpital. Après son divorce, elle a décidé de changer du tout au tout. C’est une femme optimiste, drôle, douée d’empathie, capable en cas de conflit de se maîtriser. Elle a ce talent d’être capable de rentrer en contact, en résonance avec les autres de manière naturelle. Et bien, elle a postulé il y a un mois pour un poste d’archiviste dans cet hôpital ouvert aux bac + 2 et elle a réussi son entretien ! Elle commence en septembre.

Goleman reprend cette aptitude de rentrer en lien avec les autres pour cultiver le meilleur des individus. Il en a même fait un modèle de management : le leadership de résonance. Il s’appuie sur la capacité du manager à comprendre les émotions des membres d’une équipe, à susciter des réactions et sentiments positifs et à faire de l’intelligence émotionnelle collective un puissant levier de créativité et de succès. »

Concrètement, quelles sont ces émotions qui nous aident à réussir ?

B.B. « Selon Goleman, nous disposons de 5 compétences émotionnelles :

  • La conscience de soi : c’est notre capacité à reconnaître nos émotions (colère, tristesse, joie, dégoût, peur), à savoir les nommer car c’est en les nommant que nous les régulons et que nous pouvons avancer en congruence avec nos sentiments profonds. Etre attentif à son état intérieur permet de gagner en indépendance et de se débarrasser des sentiments négatifs qui tournent en boucle dans la tête.
  • La maîtrise de soi : plutôt que de les subir, nous pouvons orienter nos émotions pour qu’elles soient au service de notre objectif. C’est aussi la patience, la résistance à la frustration.
  • La motivation : c’est surfer sur ses envies les plus essentielles pour suivre son objectif et continuer quoiqu’il arrive.
  • L’empathie : plus nous sommes conscient de nos émotions plus nous savons entrer en connexion avec celles des autres. L’empathie permet de construire des relations harmonieuses avec autrui et de comprendre le langage non verbal de son interlocuteur, qui représente près de 80 % de la communication.
  • La maîtrise des relations humaines : pour moi, c’est la capacité de se synchroniser avec son interlocuteur. Dans une relation, nos sentiments, notre état émotionnel agit directement sur ceux de l’autre - du plus expressif vers le plus passif. Savoir reconnaître les sentiments de son interlocuteur et se synchroniser avec souplesse et une des qualités essentielles dans une relation commerciale par exemple. »

Pouvons-nous développer notre intelligence émotionnelle ?

B.B. « Goleman nous rassure sur ce point par l’affirmative. Je pense que c’est une nécessité surtout pour un créateur d’entreprise, au même titre que la veille technologique.

Il explique les différentes pistes de travail sur soi, comme l’approfondissement de la conscience de soi en s’observant et en nommant et exprimant ses émotions, comme la maîtrise des émotions en surveillant cette petite voix intérieure, en analysant les pensées négatives et en proposant un autre angle de vue, une manière positive de voir les choses à son propre esprit.

Il existe des thérapies et des approches de coaching pour développer ses compétences émotionnelles, mais c’est d’abord et avant tout un travail d’approfondissement de soi. Il n’y a pas de solutions miracles en deux temps, trois mouvements. Lire déjà ces deux ouvrages de Goleman pour approfondir la question me semble être un premier pas salutaire. »


Ce qu’on apprend aux enfants dans les écoles de New Haven :

Feu rouge :
1. Marque un temps d’arrêt, calme-toi et réfléchis avant d’agir

Feu orange :
2. Expose le problème et explique comment tu te sens
3. Donne-toi un but positif
4. Imagine un grand nombre de solutions
5. Pense aux conséquences possibles

Feu vert :
6. Passe à l’action en appliquant le meilleur plan


Illustration : © fotodo - Fotolia

1 commentaire :

Ecrit par ARMELLE
Le 11/12/2015 à 16h50

Bonjour Bernard et à tous ceux qui lisent ce blog,

Tiens, tiens. J'apprécie ce que je viens de lire moi qui travaillent au quotidien avec et pour les émotions auprès de grands groupes de salariés d'entreprises.


Permettez-moi d'attirer votre attention vers d'autres types d'intelligences, trop peu reconnues,dans le monde du travail.qui expliquent bien souvent pourquoi nous nous dirigeons vers telles ou telles passions, activités.

- L'intelligence musicale et rythmique
Les personnes qui en "sont" auront notamment bien des difficultés à apprendre les langues étrangères !

- L'intelligence verbale et linguistique
Les personnes qui en manquent se sentent souvent incomprises. D'où, parfois, une impression de valorisation qui entraîne des réactions de violences.

- L'intelligence naturaliste
Les personnes qui en manquent ne parviennent pas - ou mal - à faire le tri entre les choses importantes et les autres. Tout se vaut, tout se mélange dans leur tête.

L'intelligence interpersonnelle
Elle rentre en jeu dans nos relations avec les autres.
Les personnes qui en manquent ont tendance à nier l'autre, en tant que personne avec tous les dangers que cela induit, exclusion, violence, racisme ...

L'intelligence intrapersonnelle (ce qui constitue notre quotient émotionnel)
Je me permets d'apporter un complément d'information.
les personnes qui en manquent préfèrent souvent accuser les autres et les rendent responsables de leurs propres malheurs.

L'intelligence visuelle et spatiale
Elle fût essentielle à la survie des premiers hommes
Les personnes qui en manquent ont du mal à se repérer dans l'espace mais aussi à se projeter dans le futur, et à accepter voire l'idée même du temps qui passe.

L'intelligence corporelle et kinesthésique
Les personnes qui en manquent risquent, par maladresse, davantage accidents du travail. Plus généralement, elles ne font pas assez attention aux signaux d'alerte que leur envoie leur corps.

L'intelligence tonique et mathématique
Les personnes qui en manquent éprouvent des difficultés pour établir les liens entre les causes et les conséquences d’un évènement. La confusion domine dans leur vie, comme si les faits n'avaient pas de sens.

Armelle Dupiat Aellen

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