Ecrit par : Bernard Béguin le 02/11/2016 - Lu : 549 fois - Commentaire : Aucun
Vous êtes ici : Accueil >> Articles

Les Interprètes en LSF veulent un vrai statut professionnel

5 millions de français sont sourds ou malentendants. Malgré la loi du 11 février 2005 qui affirme l’égalité des droits et des chances des personnes en situation de handicap, nous sommes loin du compte 11 ans après son vote. Seulement 450 interprètes LSF exercent en France alors que les besoins sont estimés à 3000 professionnels.

En cause, l’absence d’un vrai statut et des conditions de rémunération trop faibles dans le public. Comment faire naître alors les vocations ?

Même si la profession est récente puisqu’elle s’est structurée à partir des années 90, le métier d’interprète en langue des signes s’affirme comme une profession incontournable mais sous représentée face aux besoins pléthoriques à l’échelon de l’UE et de la France. Pour qu’un réel statut de la profession soit enfin défini, 1000 sourds et malentendants se sont réunis au Parlement Européen en septembre 2016. De quoi sensibiliser les eurodéputés à la question.

Une profession jeune sans statut propre

Les interprètes LSF n’ont pas de statut spécifique. Les salariés de la profession relèvent pour pratiquement la moitié d’entre eux, de la convention collective nationale des établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées du 15 mars 1966 ! Dans un mémoire consacré aux conditions de travail des interprètes LSF en 2010, Camille de Marguerye analyse l’impact négatif de cette absence de statut sur les conditions de travail et les rémunérations dans le secteur public salarié.

Des rémunérations plus attrayantes chez les traducteurs indépendants

Son enquête auprès de professionnels révèle que les interprètes LSF indépendants sont plus satisfaits de leur rémunération que les interprètes LSF souvent salariés par des associations ou des services publics. La grille des salaires de la convention 66 fixe ainsi à 1818,71 € brut, le salaire mensuel d’un interprète LSF avec un an d’expérience.

Interprète LSF : diplôme Bac + 5

La langue des signes était interdite dans les années 70. Sa reconnaissance officielle date des années 80. En quelques décennies seulement, la profession s’est structurée et professionnalisée. Connaître la langue des signes ne suffit certainement plus à devenir interprète. Désormais, la profession est sanctionnée par des masters de type bac + 5, ouverts à des titulaires d’un bac + 3 quel que soit la discipline avec bien sûr la connaissance de la langue des signes.

Sur ce plan également, des efforts sont encore à faire pour que les vocations se multiplient. En premier lieu, permettre aux jeunes ou aux moins jeunes de se former à la langue des signes avec un vrai cursus. Aujourd’hui, il faut passer par des associations pour apprendre la LSF.

Se reconvertir dans l’interprétation LSF

C’est possible à condition de s’investir pleinement dans la démarche tant d’un point de vue financier que personnel. Stephan Barrère, aujourd’hui interprète en langues des signes a réussi sa reconversion professionnelle depuis la case pôle emploi jusqu’à l’exercice de son nouveau métier comme interprète free lance. Auteur du blog des signes et des mots, il anime aujourd’hui un réseau d’interprète LSF indépendant. Découvrez son parcours sur interpretelsf.wordpress.com

Si vous aussi vous êtes intéressé par une reconversion professionnelle comme interprète LSF, contactez l’AFILS, l’association française des interprètes et traducteurs en langues des signes. Retrouvez sur son site les principales universités qui proposent un master II et un guide des pratiques pour exercer sa profession dans de bonnes conditions professionnelles.

Le portage salarial, un statut en phase avec le métier

Chez MISSIONS-CADRES, les interprètes représentent un tiers des actifs en portage salarial dont bien sûr des interprètes en LSF. Parce que le métier est exigeant, les professionnels choisissent de se libérer des obligations administratives et fiscales et de cumuler les avantages sociaux du régime du salariat avec l’attrait et la liberté de l’indépendance, dont celui de fixer ses prix de vente en les négociant en direct avec ses propres clients.

Illustrations : © Dan Race - Fotolia

Ecrire un commentaire :

Prénom

E-mail (non publié)

Votre commentaire

Recevoir une notification lorsqu'une réponse est postée (lien de désabonnement présent dans l'e-mail)

Veuillez recopier le code de sécurité : 8qukbshyxk