Ecrit par : Bernard Béguin le 07/09/2015 - Lu : 549 fois - Commentaire : Aucun
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Le portage salarial : une chance de travailler malgré la maladie

Si des avancées sociales ont été faites pour mieux intégrer dans le marché de l’emploi des professionnels atteints de handicaps ou de maladies chroniques, il reste un long chemin à parcourir pour que dans les faits, leur employabilité soit réellement reconnue.

MISSIONS-CADRES a choisi de faire témoigner Sylvie C., consultante en communication, atteinte de polyarthrite rhumatoïde, en portage salarial depuis 2011. Un challenge professionnel porté par MISSIONS-CADRES qui a déjà abordé plus généralement le sujet.

Rebondir malgré le diagnostic

Consultante indépendante en communication, Sylvie C. est en portage salarial chez MISSIONS-CADRES depuis 2011, date à laquelle elle a contracté sa maladie auto-immune. Elle a accepté de témoigner, pour donner espoir à des centaines de professionnels malades ou en situation de handicap qui recherchent un emploi et qui doutent.

S.C. « En 2011, je suis tombée gravement malade. Après beaucoup de tâtonnement, le diagnostic est tombé : je souffrais d’une polyarthrite rhumatoïde. A cette époque, j’étais salariée dans une agence de communication. Je tiens à saluer l’ancienne gérante qui a été très compréhensive à mon égard. Malheureusement, en fin d’année, l’agence a du fermer pour raisons économiques.

Entre un licenciement et une maladie qui peut devenir invalidante à terme, ce n’était pas gagné pour moi de continuer une activité professionnelle. Heureusement, grâce à un métier intellectuel et à un porte feuille clients acquis pendant mes années de salariée, j’ai pu rebondir comme indépendante portée.

Dans mon cas, le portage salarial a été une vraie chance, probablement la seule pour continuer une carrière. »

À compétence égale, santé inégale

S.C. « Le portage salarial, c’est pour moi le droit à l’oubli comme avec internet ! Ce n’est pas écrit sur mes productions, sur mes analyses, mes campagnes et mes recommandations que ma santé est défaillante. Ce sont mes articulations qui souffrent, pas mon cerveau ! La société veut prendre les bonnes mesures pour des professionnels, des actifs qui sont handicapés ou avec une maladie chronique. Les cases sociales existent, c’est vrai ! Elles sont réductrices et souvent inappliquées. Dans le monde des salariés, on ne me fera pas croire que mes chances à compétences supérieures ou égales sont les mêmes que celles du candidat qui franchira sans encombres le rendez-vous obligatoire de la médecine du travail ! Par contre comme indépendante oui !

Selon une des dernières enquêtes menées sur les patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde, près de 80% d’entre eux rencontrent des problèmes sur leur lieu de travail quand la maladie est connue et déclarée. Quand à la chance d’être engagé, c’est comme gagner au loto ! »

L’art et la manière de travailler différemment !

Travailler en toute liberté malgré la maladieS.C. « J’estime que chaque individu a un droit fondamental au travail, quelle que soit sa condition. Et puisque l’Etat ne peut pas répondre correctement à ce droit là, laissons la société inventer ses propres modèles de travail, encadrés bien sûr ! Les humains sont par nature créatifs, qu’ils soient rouillés ou avec une jambe en moins ! Notre esprit, nos compétences, notre intelligence émotionnelle sont une chance pour la société et je pense que même le rapport à la maladie ouvre de nouvelles compétences : écoute active, anticipation, organisation, perspectives sur la vie…

Parmi les nouveaux modèles de travail, le portage salarial est une des meilleures réponses aux besoins de professionnels comme moi ! J’exerce un métier intellectuel, je suis en lien avec une clientèle variée, je réponds aux besoins de mes interlocuteurs comme n’importe qui d’autre mais avec la liberté en plus et surtout le confort d’être moi-même sans culpabiliser face au regard ou aux doutes d’un éventuel employeur ! »

Du portage à l’envol !

S.C. : « Depuis 2011, je n’ai jamais arrêté mon activité ! J’aurai pu me diriger vers l’auto entrepreneuriat, mais le statut est décidément trop aléatoire sur le volet protection sociale avec les fameux et fumeux imbroglios du RSI, qui décidément font encore bien du mal…

Le portage salarial me permet d’être autonome, de gérer mon temps en fonction de mes contraintes, de me libérer des lourdeurs administratives et point oh combien essentiel pour moi, d’avoir la même protection santé que les salariés !

Aujourd’hui, mon souhait est de continuer à m’épanouir dans un métier que j’adore et de répondre toujours avec le même enthousiasme aux besoins de mes clients et des prospects ! Et de garder à la fois cette indépendance de cœur et d’esprit grâce au portage salarial !

Quand à la maladie… Et bien, elle ressemble un peu à la météo pour les agriculteurs. J’adapte mes activités à ses aléas climatiques. Beau temps ? Belles productions intellectuelles et rendez-vous clientèle ! Mauvais temps ? Veille technologique, recherches pour les dossiers, rendez-vous téléphoniques, planification ! Une contrainte comme une autre, non ? »

À vous de jouer !

S.C. : « Si comme moi, vous êtes confronté à ce type de problème, contactez MISSIONS-CADRES ou moi-même via MISSIONS-CADRES pour échanger.

La société et le regard des autres ne décident pas toujours… Avoir une activité professionnelle en toute autonomie, comme vous êtes, c’est possible… »

Illustrations : © angkanasu, puhhha - Fotolia

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