Ecrit par : Samia Klouche le 24/04/2017 - Lu : 229 fois - Commentaire : Aucun
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La supervision, un besoin ou une nécessité ?

Du coaching à la supervision, les métiers d’accompagnement professionnel et personnel ont évolué ces dernières années en France. Plus encadrés, ils gagnent en légitimité et sont désormais incontournables pour un professionnel, qu’il soit dirigeant, manager ou en profession libérale, qui souhaite être accompagné dans son évolution et ses pratiques.

Face à cet essor, quelle place donner à la supervision ?

Est-ce aujourd’hui un besoin ponctuel auquel font appel les grands groupes ou une nécessité de plus en plus évidente pour tous les acteurs de la vie économique, dans un contexte professionnel de plus en plus complexe et mouvant ?

État des lieux du coaching

Il n’est plus honteux aujourd’hui en entreprise, de suivre un coaching. Les années 2000 où les gens étaient montrés du doigt est désormais une époque révolue. Pourtant, certaines personnes n’ont pas d’autre choix que de financer personnellement leur coaching professionnel.

En effet, le rapport au coaching du monde de l’entreprise est à vitesse variable. Certains grands groupes font appel à des coachs façon ponctuelle et essentiellement pour leurs grands patrons. Tandis que d’autres ont recours au coaching opérationnel pour de très courtes durées.

Certains en sont à faire superviser leurs coachs internes, ils se lancent dans le coaching d’organisation et développent des processus de supervision engageant managers, RH et équipes de coachs.

Histoire de la supervision

La supervision a été mise en place peu après les premières cures de psychanalyse, si bien que dans ce milieu professionnel, elle a toutes ses lettres de noblesse. Aujourd’hui, les professionnels qui suivent des séances individuelles ou collectives de supervision sont les psychanalystes, psychothérapeutes, les travailleurs sociaux, les conseillers conjugaux.

Concernant le coaching, métier récent qui date des années 80/90 en France, la supervision n’a jamais été obligatoire. Elle est seulement fortement recommandée. Seul le mentoring pour l’ICF (International Coach Federation) est une nécessité pour accéder à la certification professionnelle.

Aujourd’hui où le marché regorge de coachs, on commence à entrevoir de grands besoins de supervisions. D’autant que les normes professionnelles européennes, amènent toutes les fédérations à réfléchir à la façon de poser la supervision comme obligatoire pour la certification des coachs. Pour preuve de ce changement déjà en marche, on commence à voir fleurir plusieurs écoles de supervisions sur le marché de la formation.

Dans de nombreux pays, particulièrement en Europe du Nord, la supervision est vue comme le garant d’un professionnalisme. C’est un excellent moyen d’éviter les éventuelles dérives éthiques et déontologiques.

En France, nous n’en sommes malheureusement pas encore à ce stade. Cependant, la supervision est au cœur des préoccupations de certains professionnels. C’est le cas des métiers où la personne est en interaction directe avec le public. Il y a des jeux d’influence plus ou moins conscients, ainsi que des transferts et contre transferts qui peuvent être dommageables pour la relation, la collaboration ou le service proposé par le professionnel.

Quatre pans de la supervision qui parfois se confondent car souvent se chevauchent

Le mentoring

Le mentoring s’exerce particulièrement pour se préparer à une certification. L’objet des cessions est de décortiquer et de contrôler la qualité des gestes professionnels avant de faire une demande de certification.

Le mentoring peut se faire en séance individuelle ou collective selon que le professionnel travaille avec des groupes ou en face à face. L’ICF a décrit onze compétences à maîtriser/valider/acquérir pour être coach certifié. Dix heures de mentoring sont obligatoires, avant de faire une demande de certification. L’objectif de ce mentoring est que le coach ait la maîtrise de l’ensemble des compétences métiers selon le niveau de certification demandé.

Pour un formateur, un des gestes métier essentiels est de gérer la dynamique du groupe apprenant. Il y a un certain nombre de pratiques professionnelles liées à la déontologie et à l’éthique du métier que le mentor va vérifier auprès de son supervisé. Ce dernier, peut faire du conseil, de la formation, être dans les ressources humaines, manager, être médiateur, avocat, notaire...

Concernant certains métiers, le mentoring ne fait pas partie de la supervision.

La supervision didactique ou méthodologique

La supervision didactique confronte, dans le temps, les connaissances théoriques aux

premières expériences professionnelles. Quand les apports reçus en formation se brouillent, il arrive d’éprouver un sentiment d’incompétence. La supervision méthodologique donne la possibilité de revoir les fondamentaux une seconde fois. Le flux d’informations ne se heurte plus au stress du premier apprentissage, ni à celui de la réussite aux examens et certifications.

Les connaissances apportées en supervision sont comprises à la lumière des cas pratiques. De cette manière la supervision didactique permet de se libérer de son manque d’assurance et de développer son capital confiance.

Un autre objectif de la supervision didactique est de se familiariser avec les exigences et les contraintes de la pratique professionnelle.

Pour un coach, la supervision méthodologique pourra porter sur « la question qui fait sens pour le client ». Les notions intellectuelles acquises au cours de sa formation lui sont certes déjà connues. Mais son écoute sera différente à partir de ces expériences acquises dans le cadre du coaching de ses clients. Le coach pourra dans ce cadre, revisiter tous les points théoriques appris durant sa formation initiale. A la lumière des premiers coachings qu’il fera sous l’œil attentif et bienveillant de son superviseur.

Le coaching

Le superviseur coache son ou ses supervisés sur des thèmes aussi variés que « Comment élargir sa clientèle ? » ” pour un psychothérapeute, un avocat, un infirmier, « Comment recadrer ses collaborateurs dans le respect et la bienveillance ? » pour un manager, un DRH. « Quelles stratégies mettre en place pour développer mon activité naissante ? » pour un professionnel en portage salarial par exemple.

Il s’agit d’un processus classique de coaching qui va couvrir toutes les difficultés ou les besoins rencontrés dans la sphère professionnelle du supervisé.

Un manager pourra par exemple, en coaching, venir s’interroger sur sa relation au feedback. Si dans son vécu familial ou professionnel antérieur, il a reçu des feedbacks durs, non respectueux voire violents, les fondamentaux apportés en formation n’ont pas pu ni être entendus, ni être compris. En effet, les émotions ont joué un rôle de filtre, comme un obstacle à la compréhension de ce qu’est le feedback. Tant qu’un coaching ne viendra pas mettre de la clarté sur le sujet, le manager peinera à mettre en pratique un retour positif à ses collaborateurs. Et ne sera pas, à même, d’appliquer les connaissances acquises durant sa formation initiale ou continue. Le coaching lui permettra de porter un regard nouveau sur le feedback et de progresser sur ce terrain en s’entraînant dans le cadre de la supervision à pratiquer auprès de ses paires en supervision.

La supervision professionnelle ou Analyses des pratiques professionnelles

Elle permet une prise de recul et développe chez le supervisé une conscience éthique et déontologique. La supervision est un espace privilégié pour présenter ses cas de conscience et avoir l’éclairage du superviseur pour adopter la posture la plus juste.

Un exemple parmi d’autres : le meilleur ami d’un formateur, d’un coach, d’un avocat lui présente son N+1 pour conclure un contrat. Son intervention est attendue pour, lui a-t-on dit, « les faire sortir d’une situation difficile ». Le professionnel est dans une période où il manque cruellement de clients.S’il accepte de travailler pour cette entreprise, il aura son ami comme interlocuteur, ce dernier étant le bras droit du DG. La mission doit-elle être acceptée ? Si oui à quelles conditions ? La tension est forte, les questions se bousculent dans l’esprit du professionnel. La supervision lui donnera la possibilité de s’interroger sur lui-même. Sur sa posture de « sauveteur » que lui demande de jouer son ami. Sur l’urgence des besoins de remplir son carnet de commande. Ceci afin de trouver la posture juste en accord avec le code déontologique et l’éthique de son métier.

La supervision est un moyen d’apprendre à prendre du recul sur la situation qui concerne le client final par rapport à soi-même et à ses propres fonctionnements. La supervision permet aux (dirigeants, managers, DRH, consultants, formateurs, avocats, notaires...) :

  • d’améliorer leurs pratiques professionnelles en prenant conscience des types d’interactions qu’ils créent ;
  • de se professionnaliser au contact de leurs pairs durant la supervision ;
  • De questionner la pratique de leur métier, afin de développer leur adaptabilité ;
  • D’avoir des échanges et ainsi de construire une autre perception de leurs vécus d’expériences.
  • Il s’agit également d’approfondir une dimension particulière de sa pratique lorsqu'on a identifié des difficultés spécifiques.
  • Acquérir les techniques et les habiletés nécessaires à l'intervention auprès d'une nouvelle clientèle ou sur une nouvelle problématique.

Qui suis-je ?

Je suis coach individuel, d’équipe et d’organisation. J’ai fait mes premiers pas dans ce métier en 1998 sans connaître le mot « coaching ». Au bout d’une année, j’en ai entendu parler. En 2000, j’ai décidé de suivre une formation de coaching à « International Mozaïk » jusqu’en 2004.

C’est une des premières écoles de coaching accréditée par ICF.

En 2010, j’ai choisi de suivre une seconde formation de coaching auprès deMétasystème, une école dirigée par Alain Cardon, certifiée elle aussi par ICF.

La palette de mes interventions en entreprise est très large. Mes clients sont des grands groupes, des PME et PMI. La plupart sont en demande de coaching individuel, et de supervision pour leurs dirigeants, managers et hauts potentiels. Leurs équipes sont accompagnées en processus de coaching et de supervision.

Depuis 2000, j’ai toujours été supervisé en individuel ou en groupe en français ou en anglais :

  • Supervision de groupe avec Danièle Darmouni 2001/2003 en français
  • Supervision individuelle avec Martine Volle 2003/2006 en français
  • Supervision de groupe avec Alain Cardon 2006/2010 en anglais
  • Supervision de groupe avec Custis Hawkins 2010/2011 en anglais
  • Supervision individuelle Etienne Garand 2012/2014 en français
  • Supervision de groupe avec Martine Volle 2015 à 2017 en français

Pour en savoir plus, lire également l’article du blog MISSIONS-CADRES « Samia Klouche, superviseur généraliste en portage salarial ».


contact@samiaklouche.com

Tel : 06 65 26 01 99

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