Ecrit par : Bernard Béguin le 15/03/2017 - Lu : 279 fois - Commentaire : Aucun
Vous êtes ici : Accueil >> Articles

Yann Devoitinne, consultant porté en management de la qualité

Le portage salarial est-il adapté aux profils professionnels techniques ?

Yann Devoitinne, consultant en management de la qualité a choisi depuis peu ce statut flexible pour développer son nouveau projet professionnel.

Interview d’un homme d’expérience qui met à la portée des TPE et des PME une approche qualité personnalisée pour les accompagner dans un challenge de taille : la compétitivité.

Comment attrape-t-on le virus de la qualité ?

Yann Devoitinne : « Après un bac en microtechnique et un BTS en mécanique automatisme et Industriel, j’ai attrapé le virus de la qualité lors de mes premières expériences professionnelles. J’ai passé une licence en technique de la qualité en alternance. J’ai débuté comme contrôleur, puis responsable qualité, d’abord chez Electrolux pour le service fournisseurs, puis dans le secteur de l’automobile, pour le service clients.

J’ai fait une grande partie de ma carrière dans les Ardennes, un bassin économique connu pour ses entreprises de sous-traitance de rang 2 et 3 dans les secteurs automobile et ferroviaire, avec une grande tradition de savoir-faire dans la forge, la mécanique, l’usinage et l’emboutissage.

Une première expérience en tant que chef d’entreprise

En 2005, j’ai décidé de franchir un cap important : reprendre une affaire en tant que dirigeant d’entreprise. Pendant 6 ans, j’ai développé une petite PME spécialisée dans la mécano soudure et l’usinage de sous-ensembles pour le ferroviaire. Malgré l’impact de la crise de 2008, j’ai adoré cette période de ma vie professionnelle. En passant de l’autre côté de la barrière, j’ai mesuré à quel point la démarche qualité était essentielle pour les TPE et PME à condition qu’elle soit adaptée à leurs enjeux et sans les ressources des grands groupes.

Après la cessation de mon activité, j’ai très vite retrouvé des missions en tant que responsable qualité développement dans le domaine de la cosmétique puis de l’automobile.

2017 : Un nouvel horizon, consultant porté en management de la qualité

En 2011, je me suis installé en Haute-Savoie suite à une opportunité professionnelle. Après 6 ans dans la plasturgie et la découpe, j’ai décidé de renouer progressivement avec l’indépendance du chef d’entreprise en relevant un nouveau challenge : proposer mes services en tant que consultant en management de la qualité et auditeur qualifié par l’AFNOR pour la norme ISO TS 16949,à des TPE et PME qui n’ont pas forcément les ressources internes pour se faire certifier. J’ai choisi le statut du portage salarial pour sa flexibilité particulièrement adaptée à un porteur de projet comme moi. »

Quel est votre regard sur le marché de la qualité ?

Y.D. : « Il existe beaucoup d’entreprises spécialisées dans la certification qualité avec d’excellents professionnels. Toutefois, les méthodes et les outils utilisés par ces grandes structures pour certifier une entreprise sont plus adaptés à des grands comptes ou des PME de 400 à 500 salariés.

Une unité de 25 personnes n’a pas les mêmes ressources humaines et techniques qu’un grand compte. Mais ce n’est pas pour autant, qu’elle doit être exclue d’un processus qualité faute de moyens internes, de temps, ou face à la peur de la complexité d’une certification. Il existe des solutions pour quelqu’un qui veut développer pas à pas sa démarche qualité. »

Quelle plus-value apportez-vous aux TPE et aux PME ?

Y.D. : « J’ai 20 ans d’expérience dans le secteur de la qualité pour des structures très diversifiées, tant par leur activité que par leur taille. Aujourd’hui, ma place naturelle est de les accompagner.

Mon objectif est de leur apporter un vrai gain de temps et d’argent et de les ouvrir à de nouveaux marchés, qui dans certains cas exigent des certifications comme l’aéronautique ou l’automobile par exemple.

Aujourd’hui, je constate qu’on a trop voulu caler l’entreprise sur la norme et pas le contraire. Mettre en place de superbes outils dans une unité de production ne sert pas à grand-chose si l’équipe terrain ne suit pas ou n’en saisit pas l’utilité stratégique. Mon travail consiste à trouver les bons outils pour résoudre les problèmes.

Ensemble, nous pouvons fixer différents objectifs à mon intervention :

  • Un premier regard et un constat sur le fonctionnement de l’unité de production ou du service après-vente par exemple pour faire le point. Ma démarche consiste alors à trouver des procédures applicables rapidement pour réduire les non conformités, pour reprendre des normes ou des exigences mal appréhendées. Beaucoup d’entreprises ne travaillent pas sur les rebus, alors que c’est une des clés pour améliorer le niveau de qualité.
  • L’estimation terrain d’une certification qualité déjà mise en place. Très souvent, il y a un décalage qui s’installe avec le temps entre la définition des procédures et leur application réelle. Il est important alors de comprendre pourquoi ce décalage existe, pourquoi les mises en application ne suivent pas toujours. Par exemple, l’autocontrôle a ses limites au bout de quelques années. Des automatismes s’installent. L’objectif est de trouver la bonne adéquation entre les pratiques réelles et les exigences de la certification. Et cela passe également par le maintien du niveau de qualification du personnel.
  • L’analyse des exigences d’un nouveau marché ou d’un client en particulier. Les demandes sont-elles toutes réalistes ? Où l’entreprise doit-elle mettre le curseur pour répondre aux besoins ? Dans ce cas, mon rôle consiste à trouver des solutions intermédiaires entre ce que les gros donneurs d’ordre imposent et ce que peut produire l’entreprise de sous-traitance.
  • La mise en place d’une certification est accessible aux petites entreprises. Je suis moi-même intervenu pour de très petites structures de 4 ou 5 personnes. »

Une démarche qualité ? Un processus global

Y.D. : « Une démarche qualité ne se limite pas à livrer tant de pièces conformes à l’heure. C’est une approche globale qui touche toutes les strates de l’entreprise et qui vise finalement à inculquer une culture, celle de " l’esprit client " : logistique, achat, maintenance, comptabilité, production, marketing… tout le monde doit œuvrer dans le même sens. On le sait aujourd’hui, la qualité est au cœur de la compétitivité de nos entreprises.

Un problème se pose ? Si les procédures et la formation du personnel sont efficaces, alors l’entreprise est capable de résoudre en interne le problème en toute réactivité et de garder la confiance du client. »

Pour contacter Yann Devoitinne rendez-vous sur sa page Linkedin ou via MISSIONS-CADRES.

Ecrire un commentaire :

Prénom

E-mail (non publié)

Votre commentaire

Recevoir une notification lorsqu'une réponse est postée (lien de désabonnement présent dans l'e-mail)

Veuillez recopier le code de sécurité : a6uevpzuc9